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La condescendance, non merci
Nantes, le 13 avril 1598, Henri IV signe les 92
articles de lÉdit de Pacification qui met un terme
aux huit guerres civiles qui ensanglantent la France depuis 36 ans.
Provisoirement les passions religieuses sapaisent. Cest
la victoire de la raison dÉtat sur les extrémistes,
87 ans de paix relative que le "roi Soleil" balayera le
18 octobre 1685.
Par lÉdit de Nantes, la liberté
de conscience est enfin reconnue à ceux que lon appelle
de la RPR (religion prétendue réformée). Cest
une fragile ébauche de ce que lon nomme communément
la tolérance (bien que ce mot ne figure pas dans le texte
de lédit).
Tolérance, le mot est-il aujourdhui
galvaudé ? Banal en tout cas et personne ne trouve à
redire à cette exigence élémentaire du nécessaire
accueil de la différence. Cependant à y regarder de
plus près, la tolérance ne cache-t-elle pas bien souvent
une indifférence polie pour ne pas dire condescendante. Tolérer,
ne serait-ce pas supporter lautre et dans ce cas, cest
intolérable
Aujourdhui la tolérance doit dépasser
de loin le "chacun dans sa place forte" pour déboucher
sur une rencontre véritable, un dialogue actif qui débouche
sur la rencontre
pluraliste.
Le pasteur protestant, Rabaut-Saint-Etienne, lors
de lAssemblée Constituante française en 1789,
cest-à-dire deux siècle plus tard, lévoquait
déjà si brillamment que jaimerais vous faire
partager son intervention en pensant, peut-être, à
notre attitude envers lislam aujourdhui.
« Vos principes sont que les libertés
de la pensée et des opinions est un droit inaliénable
et imprescriptible. Cette liberté, Messieurs, elle est la
plus sacrée de toutes, elle échappe à lempire
des hommes, elle se réfugie au fond de la conscience comme
un sanctuaire inviolable où nul mortel na le droit
de pénétrer, elle est la seule que les hommes naient
pas soumise aux lois de lassociation commune. La contraindre
est une injustice, lattaquer est un sacrilège.
Je réclame, pour deux millions de citoyens
utiles, leurs droits de Français. Ce nest pas la tolérance
quils demandent : cest la liberté.
La tolérance ! le support ! le pardon
! la clémence !
idées souverainement injustes
envers les dissidents, tant il est vrai que la différence
de religion, que la différence dopinion nest
pas un crime.
La tolérance ! je demande quil soit
proscrit à son tour, et il le sera, ce mot injuste qui ne
nous présente que comme des citoyens dignes de pitié,
comme des coupables auxquels on pardonne !
»

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