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Vive les vacances
Un enchantement pour beaucoup, le cauchemar pour d’autres.
Le mot “Vacance” fait rêver lorsqu’il rime
avec soleil et liberté, il fait grincer lorsqu’il s’agit
de postes pastoraux…
Le mot, dans son étymologie, suggère
le vide.
Vide de quoi, dites-moi ?
Vide d’obligations.
Vide, l’agenda étonnamment vierge.
Vide, l’emploi du temps.
Est-ce là le reflet fidèle de nos vacances,
ne s’agit-il pas plutôt d’une énorme méprise
?
Tout tend à montrer que nous avons peur du
vide. Deux mois d’été, mais comment vais-je
les remplir, les occuper ?
On s’active, on se documente, on réserve,
on met son programme au point. On fait, défait, puis refait
les bagages.
“Allez, les enfants, vous irez deux semaines
chez tonton, ensuite nous irons deux semaines sur la Côte,
s’il reste encore du temps, nous inviterons les voisins, irons
au cinéma, visiterons le coin, lirons quelques romans, nous
rendrons au culte…”
Vous appelez ça du vide ?
?
De même, une église sans pasteur, vous
appelez ça du vide ?
C’est toujours moins vide qu’une église sans
paroissien !
La nature a horreur du vide, on le dit, il semblerait
que la nature humaine participe à cette vérité-là.
Quand le temps nous est offert d’une rupture avec le quotidien,
ne l’assassinons pas à coups d’obligations nouvelles.
Il est là pour nous laisser vivre, pour nous poser et reposer.
C’est un temps béni pour retrouver le sens de l’action.
Un temps qui la précède ou la suit. Un temps de réflexion
et de mûrissement (au soleil bien sûr) sur tout ce qui
nous fait “fonctionner” les jours où nous privilégions
le geste sur la pensée.
Heureux ceux qui ont le courage d’interroger
leur propre vacance, ceux qui s’arrêtent pour apprendre
à être. Ils savent qu’ils sont vides, creux s’il
leur manque le souffle essentiel.
Heureux ceux qui, le temps d’un été,
osent se taire, prier, faire retraite et méditer. Ils se
reçoivent nouvellement et nous reviennent recréés.
Vous avez entendu la cloche ? Alors arrêtez-vous,
vient le temps de la récréation !
Allez y jouer, courez vous y fortifier !
Isabelle Hummel

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