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Serait-ce possible alors ?
Entre le grand cri de ce
vendredi-là et
l'aube du dimanche, un interminable silence où la Parole,
momentanément vaincue, se tait.
« La Parole du Seigneur était rare en ces jours-là » (1
Samuel 3,1).
Quand la Parole cesse de circuler,
de vibrer, d'animer, la lumière de la vie décline et s'éteint.
L'obscurité peut couvrir la terre pendant trois jours comme
au temps des sinistres fléaux d'Egypte (Exode 10,22). Les
chefs religieux, les hommes d'autorité détiennent
ce terrible pouvoir de museler la Parole jusqu'au troisième
jour, une sombre éternité. L'humanité a cette
redoutable capacité de la réduire au silence.
L'histoire aurait pu s'arrêter là.
Mais ce délai passé, Dieu reprend le dialogue si
longtemps interrompu. La Parole se relève du tombeau où le
pouvoir dogmatique croyait l'avoir à jamais enfouie.
« La lumière brille dans les ténèbres
et les ténèbres n'ont pas pu la retenir» (Jean1,5).
La Parole est plus forte que
tous les pouvoirs d'où qu'ils viennent, quels qu'ils soient. Le pouvoir passe
avec son cortège d'injustices, de souffrances, de lamentations,
de mort.
Ce qui ressurgit du trépas oppressif, c'est
la Parole-Vie, la vie plus forte que la mort. Impossible de la
bâilloner définitivement. Et les questions intemporelles
persistent :
- « Où es-tu ?» (Genèse 3,9)
- « Où est Abel, ton frère ? » (Genèse
4,9)
- En est-il un qui dise : « Où est le Seigneur ? » (Jérémie
2,6 et 8)
Ce matin-là, l'Amour
l'emporte sur la haine.
L'espérance… serait-ce possible alors ?
L'alliance persiste. Tout est encore possible.
C'est la Pâque de l'Eternel !
Béatrice Spranghers,
9 avril 2004

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