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La paix,
l'oppression et la peur
La douloureuse agonie du Shalom
Le shalom, la paix, c'est la sérénité tranquille
de quiconque vit en accord avec soi-même et avec les autres.
Une simple et naturelle béatitude de l'être.
Le shalom agonise quand la suspicion de l'autre
amène à tirer même
sur des gosses qui jouent innocemment, parce que l'aveuglement de la panique
amène à les identifier à de dangereux terroristes (quand
on confond un déchet de gouttière avec une arme menaçante,
comme quand on confond une civière avec un lance roquettes).
La peur est toujours mauvaise conseillère.
Elle est le contraire du shalom.
C'est cette même peur qui érige un mur ignoble et enferme tant de
familles désespérées dans un ghetto de la mort. La mort
lente par asphyxie.
Alors le shalom meurt.
Pierre A. Bailleux
À
l'ombre du mur, lamentations
À
l'ombre du mur, la vie s'amenuise, la résilience est en couveuse, elle
s'éveillera en son temps. Parce que le souvenir d'une liberté -
même ancienne - ça ne se perd pas, ça donne la force de résister.
Même si, momentanément, la vie à l'ombre du mur est plus
amère que la mort.
«
Plus amère que la mort, la femme [la vie]
dont le cœur est un piège et un filet…,
dont les mains sont des liens. » Qohelet 7
Pris au piège d'une falsification de la vie, se débattant comme
les poissons capturés au filet, anéantis par les chaînes
de l'occupation, ainsi vivent, survivent, les habitants à l'ombre du mur
de béton, négateur de lumière, de vie.
L'ombre du mur est prégnante, pesante…la terre aussi en pleure.
Les larges excavations des oliviers arrachés suintent la douleur de l'oppression,
les larmes de l'impuissance face à l'injustice absolue.
À
l'ombre du mur, lamentations, dans la douleur d'une dignité bafouée,
mais encore dans la perspective d'une résurrection attendue.
Béatrice Spranghers
La peur
Nos ancêtres allumaient des feux à l'entée
de leurs cavernes pour se prémunir contre l'intrusion de
bêtes féroces. La peur dans ce cas était sans
doute bonne conseillère, la précaution raisonnable.
L'homo sapiens sapiens d'aujourd'hui est pyromane.
Il allume des feux disproportionnés pour se protéger d'hypothétiques
dangers fabriqués de toutes pièces par d'habiles
manipulateurs prêts à tout pour satisfaire leur volonté de
puissance. Là, la peur est mauvaise conseillère.
Irraisonnée, elle embrume les méninges.
N'empêche que la facture est salée pour les victimes.
Combien sont-elles dues à la peur des supposées armes
de destruction massive en Irak ? Cette même peur fait ériger
le mur de la honte en Palestine. Ici les victimes sont appelées
terroristes.
C'est encore la peur savamment entretenue qui fait
le succès
des discours de l'extême-droite. Quand l'autre, celui qui
est différent, est perçu comme une menace, l'apologie
de la pureté n'est pas bien loin, ni dès lors l'élimination
programmée de l'impur, diabolisé. Ainsi commencent
les génocides.
«
J'ai eu peur et j'ai caché ton talent dans la terre »
Matthieu 25,25.
La peur, comme déni de la liberté, fait manquer le
coche.
Elle est mortifère
Béatrice Spranghers

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