Serge Guilmin
     

 

Le meilleur de l'existence

Les images du paradis et de l’enfer ne sont pas des images d’un au-delà de cartomancienne, non plus qu’un simple souvenir de l’histoire des religions de perse. Elles sont présentes sous nos yeux dans l’absence d’intérêt que nous portons à la situation de tant de nos contemporains.

Le tribunal de Dieu n’est pas celui représenté sur nos cathédrales. Il est celui qui en Jésus-Christ appelle chacun à des comportements nouveaux, à une parole nouvelle là où se jouent le devenir politico-économique du monde. La question du système économique est devenu depuis l’organisation de la société industrielle l’objet d’affrontements non seulement entre les classes et les castes supposées de la société, mais à l’intérieur même de chaque groupe social.

La situation devient progressivement – on devrait plutôt dire régressivement – infernale, chacun se référent à des bribes d’idéologie, des lambeaux de doctrines totalitaires, des noms prestigieux dont on ne connaît pas le moindre écrit.

C’est cette situation maladive de la société que pointe Jésus quand il énonce des paraboles où l’enfer et le paradis ne sont pas moins que l’image que se donne le spectacle des relations humaines.

Ce n’est pas le bout de notre existence qui comporte le meilleur de l’existence, mais c’est l’éclairage donné sur toute l’existence par chaque responsabilité prise en faveur de l’homme nouveau toujours en train de naître, en faveur d’une justice dont nous n’avons jamais su donner l’exemple, en faveur de ce que Paul demande à ses auditeurs : que chacun continue à rêver s’il le veut d’un tribunal final, mais ce sera pour voir le retour de ce qu’il aura fait de mieux  au milieu des vivants.

Mais il est préférable de parler au présent et de chercher maintenant de quelle bienveillance chacun est capable pour tenir les rênes de sa raison en direction du Christ Jésus et du Règne qui toujours peut se déployer sous nos yeux.

Serge Guilmin