Je m'en souviens bien, en classe j'étais
assis devant le tableau noir. Jusqu'au jour où je me suis
retrouvé au fond de la classe. Le tableau me paraissait
maintenant si lointain. Le verdict allait tomber. Il fallait que
je porte des lunettes. Comme beaucoup d'autres pour qui c'est
une première, j'avais l'impression de redécouvrir
le monde : les couleurs, les formes, les distances, tout me paraissait
nouveau.
De retour en classe, j'étais tellement
intimidé de porter des lunettes et de sentir le regard
de mes camarades, qu'elles ne m'ont pas été très
utiles. Elles étaient pleine de buées.
Lorsque je me suis rappelé ces événements,
il m'est venu à l'esprit cette parole de Jacob, faisant
suite à son rêve d'une échelle reliant la
terre et le ciel : "Vraiment le Seigneur est ici et je ne
le savais pas" (Genèse 28:16).
Moi aussi bien souvent, je ne sais pas voir les
traces du Père dans ma vie. Je ne m'en formalise pas particulièrement.
Cependant, lorsque je nettoie mes lunettes au début de
chaque de mes journées, ou lorsque je change les verres
pour les adapter à ma vue, je me dis que Dieu m'a donné
des moyens, des sortes lunettes qui m'aident à discerner
et à lire l'écriture de Dieu pour moi aujourd'hui.
Pour certains il y aura la prière, la nécessité
d'un temps de silence. D'autres trouveront à travers un
engagement social, l'écoute de la musique, l'expression
artistique ou même sportive, les moyens de ce discernement.
Et la lecture des Ecritures ! Elle est, à mon sens, l'une
des meilleures manières pour plus clairement l'encre de
Dieu, déposée sur le livre de notre vie.
A chacun d'entre nous de trouver les lunettes
qui lui permettent de mieux lire l'écriture de Dieu au
cur de nos vies. Mais attention, n'oublions pas de les nettoyer
régulièrement !
Stéphane Roueche