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Fais cela et tu vivras
Chacun connaît la parabole dite du Bon Samaritain. On la
trouve dans Luc au chapitre 10, les versets 30 et suivants.
Jésus
y met en évidence le comportement exemplaire
d’un étranger, un non juif, qui vole au secours d’un
homme gisant à demi-mort au bord du chemin, sans se préoccuper
de son identité. Il suffit qu’il s’agisse d’un
homme en détresse.
Juste auparavant, un prêtre et un
lévite, bons juifs
pratiquants, de la caste sacerdotale, sont passés outre,
la conscience tranquille. Le blessé dépouillé de
ses vêtements n’était pas identifiable, probablement
pas juifs. Et la Loi ne prévoit pas qu’on se préoccupe
du sort d’un non juif.
Ce qu’on oublie souvent quand on aborde cette histoire, c’est
la raison pour laquelle Jésus la raconte. Il la raconte
pour répondre à la question d’un pharisien,
un juriste, « qui est mon prochain ? ».
Cet homme intelligent
et cultivé a préalablement
posé une autre question existentielle s’il en est « que
dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? ». Autrement
dit, « que dois-je faire pour avoir la plus intense qualité de
vie ? ». Et Jésus d’enchaîner par une
autre question « qu’est-il écrit dans la Loi
et comment l’interprètes-tu ? ». Le juriste
répond avec brio. Il associe un verset du Deutéronome
(6 ;5) à un autre du Lévitique (19 ;18) : « Tu
aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée
; et ton prochain comme toi-même ». À cette
remarquable réponse qui résume magistralement toute
la Thora, Jésus acquiesce : « Tu as bien répondu,
fais cela et tu vivras ».
Mais voilà le juriste curieux
de connaître l’interprétation
de Jésus à propos de ce concept assez vague du prochain.
Voilà qui est fort intéressant. Parmi les très
nombreux commandements traitant le sujet, comment Jésus
envisage-t-il la reliance entre les individus ?
Il jette un pavé dans
la mare en citant en exergue un Samaritain. Cet étranger
mal aimé est le seul à pratiquer
le cœur même de la Thora ! Les spécialistes traditionnels
ont fait défaut. Qui plus est, ce Samaritain se substitue
carrément à eux : il verse de l’huile sur les
plaies du blessé. C’est précisément
de l’huile et du vin que les prêtres et les lévites
versaient sur le grand autel du Temple de Jérusalem. Le
blessé inconnu est traité comme s’il était
le Temple de Dieu !
Ici mieux que partout ailleurs dans les évangiles,
nous trouvons l’interprétation fondamentale que Jésus
donne de la Loi : aimer Dieu, c’est agir de telle sorte que
n’importe qui dans le monde soit mon prochain. Ou, plutôt,
que je devienne le prochain, que je m’approche de quiconque
en détresse, quel qu’il soit.
Voilà le critère
absolu de choix dans l’orientation
de l’action. Jésus le résume dans ce qu’on
appelle la règle d’or : « Agis envers les autres
comme tu voudrais qu’ils agissent à ton égard ». Béatrice
Spranghers, Lillois le 17 septembre 2005

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