Histoire de l’Eglise Réformée de l’Alliance

Auteur : 
Pierre Bailleux
Source : 
L’Amitié, n°181, août-septembre 1998

L’Eglise Réformée de l’Alliances’inscrit dans l’héritage du protestantisme du XVIe siècle. Malgré les persécutions, les protestants de Nivelles, de Ronquières, d’Ittre, de Braine-le-Château et de Lasne fondent une Eglise en 1568. Le pasteur calviniste habitait Ronquières d’où, à peine installé, il fut chassé avec la plupart des membres de l’Eglise par les Espagnols sur ordre du Duc d’Albe. Ceux dont la fortune n’était pas portative et qui voulurent tenir tête au pouvoir furent bannis, roués, brûlés, pendus ou décapités, suivant que leur position sociale indiquait un châtiment ou l’autre. Le pasteur E. Rochedieu rappelait (en 1888) que « les exécutions pour cause religieuse sont faites publiquement à Nivelles en janvier 1569 ». Il faudra cependant attendre 1610 pour extirper définitivement, du moins l’espèrent certains, le protestantisme de la région devenue aujourd’hui le Brabant wallon...

En 1781, l’Edit de Tolérance de l’Empereur Joseph II accorde aux protestants certains « privilèges ». Mais cette tolérance est bien mesurée : les « Réformés » ne peuvent se réunir que sous la protection de l’ambassadeur de la République des Provinces-Unies (Hollande). Le 18 Germinal de l’an X (8 avril 1802) est promulguée la loi qui assure la liberté des cultes. Et le 8 mai 1839, l’Etat belge reconnaît l’Union des Eglises évangéliques protestantes du royaume de Belgique qui rassemble des Eglises d’expression française, flamande et allemande. Un arrêté royal du 7 février 1876 les organise.

En 1861, on retrouve trace de protestants dans les régions d’Ittre, Waterloo, Rhode-Saint-Genèse, Lasne, Sart-Dames-Avelines, Bousval et Genappe. Il n’y a pas de temple car l’intolérance populaire n’est toujours pas entièrement estompée. Cependant, sous l’impulsion du président du synode, le pasteur Emile Rochedieu, un temple est inauguré à Ittre en 1888 et notre Eglise qui avait, à l’époque, des liens étroits avec celle de Jolimont, devient membre du Synode de l’Union des Eglises évangéliques protestantes du Royaume de Belgique.

En 1902, le pasteur Serex multiplie les réunions dans la région. Lui succèdent les pasteurs Chr. Curtet, J. Hugé, Bernard Blommaert (futur aumônier militaire), Dubuis (de l’Eglise du Musée), Matthieu Schyns (futur pasteur de l’Eglise du Musée), Jean-Guillaume Schyns et enfin David Blume. Le 1er novembre 1924, Albert Bourquin, évangéliste et secrétaire du YMCA belge, accepte le poste d’Ittre. C’est sous son égide que l’Eglise se développe à Braine-l’Alleud, à Waterloo et à Lasne. En 1968, la reconnaissance officielle de l’Etat est obtenue sous le nom de « Eglise protestante de Braine-l’Alleud-Ittre ». A l’occasion du culte d’adieu du pasteur Bourquin, voici ce que dit l’abbé Pirson, Doyen de Braine-l’Alleud : « Faisant l’expérience douloureuse de beaucoup de méfiance et d’hostilité, par son audace et son courage, il annonça à temps et à contre-temps la Parole de Dieu, contestant l’Eglise dans ses structures d’installation et d’habitudes ».

Le 23 février 1975, le pasteur Philippe Fromont succédait à Albert Bourquin. Le 1er juillet 1979, il acceptait la charge à l’Eglise wallonne d’Amsterdam et c’est le pasteur Pierre Bailleux qui prit sa suite. Deux années après son entrée en fonction, en 1981, est officiellement choisie la dénomination « Eglise Réformée de l’Alliance ». P.S. Le ministère du pasteur Bailleux prit fin avec son décès, le 29 janvier 2008. Entre août 2010 et juillet 2016, c'est le docteur Laurent Gambarotto qui a exercé le ministère pastoral dans le cadre de l’Eglise Réformée de l’Alliance.